Filière livres en Lorraine - j'suis dans le Répu !
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© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 29 Octobre 2009. / Lorraine / Droits de reproduction et de diffusion réservés
Aurélie MARAND, directrice du centre régional du livre, un service du conseil régional de Lorraine, chargé de venir en aide à la filière livres : « C'est une filière très active. Il existe une cinquantaine de maisons d'édition. Beaucoup sont apparues dans les sept dernières années et 80 % d'entre elles ont un statut associatif. Elles représentent tous les genres littéraires : histoire, patrimoine, beaux livres, romans, nouvelles, BD, littérature jeunesse, poésie ou théâtre, ce qui est exceptionnel. La grande majorité des maisons professionnelles ont moins de cinq salariés. Par contre, elles sont stables et existent depuis vingt ou trente ans. Elles sortent en moyenne entre cinq et vingt-cinq ouvrages par an, ce qui est plutôt bien. Les têtes de pont sont les éditions Serpenoise, qui ont un catalogue exemplaire avec une grande diversité et Pierron, qui a changé sa ligne éditoriale. Elles font moins de titres pour se consacrer aux beaux livres et aux ouvrages de fond. » Les éditeurs lorrains peuvent-ils nourrir des ambitions nationales ? « C'est de moins en moins un handicap d'être en région. Les auteurs en ont marre des grandes maisons parisiennes où ils ne sont que des numéros. Ils privilégient aujourd'hui le contact humain. Les éditions Circé, à Belval, dans les Vosges, font de la traduction de romans étrangers et publient au niveau national. Les éditions Le Verger des Hespérides, créées il y a quatre ans à Nancy, travaillent sur des romans pour adolescents et des albums musicaux. Notre boulot consiste aussi à faire connaître nos éditeurs. Nous en avons amené au festival de BD d'Angoulême ou au Salon du livre de la jeunesse à Montreuil. Lors de ce dernier, une maison de Vigy, Le Minibus, a gagné un appel à projet lancé par La Poste, avec à la clé une édition à 30 000 exemplaires. Ce qui est énorme. » Si nos maisons d'édition se portent bien, cela veut-il dire qu'il existe un vivier d'auteurs de grande qualité en Lorraine ? « Effectivement. La vitalité de l'édition jeunesse dans la région peut s'expliquer par la présence d'écoles supérieures d'art, à Metz, Nancy ou Epinal, qui proposent une ouverture à l'illustration. On a aussi un IUT Métiers du livre à Nancy. Et puis il y a une jeune génération qui arrive à se faire publier. L'écrivain vosgien Eric Marchal vient d'obtenir pour Influenza, aux éditions Anne-Carrière, le prix Carrefour du premier roman. Le Messin Thierry Hesse a publié un roman exceptionnel, Démon, aux éditions L'Olivier. Il écrivait au départ dans une revue lorraine, L'Animal. » Il existe aussi en Lorraine beaucoup de manifestations littéraires. Cette situation est-elle commune ? « On en comptabilise une cinquantaine, ce qui, sur un même territoire, est très rare. D'autant plus que la qualité est au rendez-vous, avec notamment quatre mastodontes. Le Livre sur la place, à Nancy, attire 120 000 visiteurs en trois jours. L'Eté du livre, à Metz, en est à sa 22e édition. Ce sont des moments très attendus du public. Mais il y a aussi le Festival international de géographie à Saint-Dié, qui connaît une réussite d'envergure internationale. Sans oublier les Imaginales, d'Epinal, qui ont pris une grande ampleur et attirent des auteurs de renom. » |
