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25 Mar

dans l'Est Républicain...

Publié par tribudefilles  - Catégories :  #mot du jour

Le Salon du Livre de Paris qui est inauguré aujourd'hui sera-t-il le dernier ? L'hémorragie est telle que la question se pose. Si près de 1.000 éditeurs seront quand même fidèles au poste, quelques uns et non des moindres brilleront par leur absence : Grasset, Stock, Calmann-Lévy, Fayard, JC Lattès, Le Livre de Poche, les dictionnaires Larousse... soit la quasi-totalité du numéro un de l'édition française et deuxième mondial, Hachette Livre du groupe Lagardère qui a divisé par neuf la superficie de son stand. Son PDG, Arnaud Nourry a vertement critiqué l'organisateur, jugeant à la fois « trop cher » et figé ce grand rendez-vous annuel qui a accueilli plus de 200.000 visiteurs l'an dernier et qui ne serait plus, selon ses dires, qu'une « chasse à l'autographe ». Le maître d'œuvre de la manifestation, Reed Expositions, a eu beau se justifier par la voix de son directeur général Jean-Daniel Compain qui a réfuté « les polémiques stériles et infondées », le malaise est bien là. La Martinière (à qui appartient aussi le Seuil) a réduit sa voilure. Bayard a déclaré forfait. Flammarion reconnaît que le salon est « coûteux ». Seuls parmi les grands, Gallimard et Actes Sud défendent cette « librairie géante » initiée par un Syndicat national de l'édition lui- même en pleine crise.

90 écrivains prestigieux


Pour son trentième anniversaire, le Salon a pourtant mis les petits plats dans les grands en invitant 90 écrivains prestigieux, de Paul Auster à Nedim Gürsel, de Salman Rushdie à Luis Sepulveda, d'Olivier Adam à Jean d'Ormesson, de Rambaud à Delerm. Et en multipliant les débats et les rencontres. Mais sa pérennité n'est pas assurée. En 2011, il devrait quitter la Porte de Versailles pour le Grand Palais et revoir à la baisse ses ambitions (avec deux tiers de superficie en moins et 5 000 personnes seulement en même temps). Saura-t-il franchir le cap ? Cette mauvaise passe, la Franche-Comté et la Lorraine, qui ont renoncé au Salon en 2008, l'avaient anticipée. « Les événements nous donnent raison », constate Aurélie Marand, la directrice du Centre régional du livre de Lorraine.
« La crise actuelle nous renforce dans notre position », renchérit Dominique Bondu, son homologue franc-comtois. Plutôt que Paris et ses « badauds », il préfère Genève et ses « curieux » : « Nous payons moitié moins pour une surface quatre fois plus grande et pour une visibilité plus importante », explique-t-il, en arguant que le salon suisse (du 28 avril au 2 mai cette année) est non seulement rentable pour les ventes mais riche de contacts. Même constatation en Lorraine où l'on a choisi Bruxelles : « Le public belge n'est pas blasé », souligne Aurélie Marand qui y emmène les petits éditeurs créatifs de la région. Bruxelles coûte 13 000 € pour 40 m2, Paris revenait à 40 000 € pour 53 m2. Sans commentaire.
Inauguré ce soir, le Salon de Paris ouvre au public demain à 10 heures Il se tient jusqu'au 31 mars. Entrée : 9 €., gratuit pour les moins de 18 ans et les étudiants. Porte de Versailles, Paris 15.

Michel VAGNER

 

www.estrepublicain.fr - rubrique france monde, 25/03/2010

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