Obama girls
5h30, une main chaude caresse ma hanche et un baiser tendre se pose sur ma nuque. Encore somnolant, mon amoureux glisse de dessous la couette, part doucement dans la salle de bain, sans bruit. La maisonnée dort toujours. Je jette un œil au réveil, les chiffres verts fluo 5 : 55 s’affichent. Une chaleur parfumée s’approche de moi dans l’obscurité, la voix grave que je connais bien glisse des mots doux à mon oreille, je retiens « je t’aime », « bonne journée », « les filles », « t’inquiète pas », « ce soir ».
J’entends une voiture s’arrêter dans la rue. Notre porte d’entrée claque, 6 : 15 en fluo.
Mes seins sont durs, je sais que la petite dernière ne va pas tarder à s’éveiller aussi.
6 : 30, des cris, un ventre qui appelle. Je sors du lit à mon tour, découvre dans la semi obscurité les yeux sombres et la bouche tout sourire de la petite goulue. Je dégrafe son duvet, elle s’agite, s’agrippe à mon épaule, se calme. Elle sait que bientôt un lait chaud glissera sans effort dans sa gorge. Plus d’une ½ heure, nous savourons ce tête à tête matinale sous la couette. Elle me regarde parfois du coin de l’œil, je pose alors un baiser sur sa petite tête duveteuse, les yeux mi-clos elle tête de plus belle, mes seins s’assouplissent, le droit, puis le gauche. Repue, elle bascule sur le dos, me gratifie de gazouillis polyphoniques.
Serrée tout contre moi, je parts dans sa chambre, la dépose dans son lit. Elle va se rendormir déjà.
Pas un bruit dans la chambre des grandes.
Peignoir lavande, je descends à pas feutrés dans la cuisine.
Inter, la matinale du week-end, l’eau est bientôt chaude dans la bouilloire chromée. Une petite cuillérée de miel à l’orange, un sachet de thé blanc, je feuillette ELLE.
Seul moment de la journée où je ne suis ni maman, ni maîtresse, ni cendrillon… un peu de temps à moi.
Les bip de 8 heures à la radio, le journal, et des pas sautillant à l’étage.
Je monte, frappe les trois coups à la porte des grandes, elles font lit commun, allongées en siamoises sous une montagne de doudous. Une chevelure blonde en pagaille vient à moi, pyjama étoilé de rose en baggy. Un baiser chaud. « Vous vous habillez les filles. Sans bruit, Eden dort toujours. » Les boucles brunes indisciplinées s’approchent à leur tour. « T’es belle maman ».
La moyenne encapuchonnée dans sa djellaba de velours rose me tient la main dans les escaliers. La grande au gilet vert est déjà dans la cuisine.
Chacune s’affaire autour de la table, serviettes en papier, beurre, bols… tout est en place.
Le lait n’est pas trop chaud et vite bu. Le programme de la journée est répété et commenté.
Madeleines de Commercy et la bibliothèque-salle de jeux déjà.
Ma sixième tasse de thé au miel depuis le petit matin ; je range ; place nette.
Inter toujours, un choux fleur mit en pièces, la vapeur de laurier, une machine de noir, un œil à Eden qui dort toujours.
« Les filles, on monte ! Vous allez jouer dans votre chambre pendant que je me prépare. »
Nouveau coup d’œil dans la pièce qui sent bon le bébé. Les petits pouces se glissent tour à tour dans la bouche tétouilleuse. « Bonjour mon petit amour », une caresse sur la joue rebondie.
La jour entre les rideaux fuchsia.
« Les filles vous rangez vos jouets et vous vous habillez, je
donne la tétée à Eden, puis on sortira… ». J’entends les grandes s’activer à côté.
Les petites mains agrippent le sein, la tête bien callée, fusion mère-fille.
Il y aura ensuite, poussette et petite jambes sautillantes, la visite chez le boulanger. L’air frais sous un ciel bleu matinal.
Puis la galette maison, tabliers, amandes effilées pour le croquant et sucre vanillé pour le doré, petits tours de mains secrets de fabrique, un grand cœur pour le dessin. Les grandes en
cuisinières, la petite dernière en mangeuse de doudous.
Reste à faire le gratin de choux fleur du déjeuner, tandis qu’une presque pré-ado de 4 ans, est pendue au téléphone avec sa mamy.
Quelques sms du papa, pour dire qu’il est bien arrivé à Paris, qu’il y a du monde, que je lui manque, les filles aussi… en retour, quelques mots de la fève découverte par Jalane, d’Eden, qui écourte sa sieste à 14h, des grandes, sages, l’une dessinant stylo Hello Kitty en main, la seconde plongée sur son puzzle, dans l‘attente d‘un DVD promis, avant le bain.
Il est 17h à peine, il faut déjà allumer les lampes, pourtant dehors le ciel est toujours bleu et calme.
Un dimanche tout simple entre filles…
Que fait Obama à cette heure ? Ce doit être l’heure du brunch. Une petite part degalette mister president ?