qu'est-ce que résister aujourd'hui ?
Qu’est-ce que résister aujourd’hui ?
Intitulé rêvé - ou cauchemardesque c’est selon - pour un sujet du bac de philo !
C’est surtout mon interrogation existentielle du jour, celle qui a alimenté notre petit déjeuner à mon amoureux et moi.
Ces derniers temps, la télévision semble nous inviter à répondre à cette question, par les fictions programmées (la liste Schindler, plus tard tu comprendras…), par l’actualité (inquiétudes de la CNIL au sujet du STIC, suite d’EDVIGE, conflit dans la bande de Gaza, sacre d’Obama…).
Nous nous sommes tous un jour posés cette question « qu’aurais-je fait pendant la seconde guerre mondiale ? aurais-je osé résister ? », et si l’on est un peu honnête avec soi-même, on se rend vite compte qu’il n’est pas si simple de répondre. Selon notre âge, notre situation familiale, notre vécu…
Mais en ce mois de janvier 2009, c’est une autre question qui se pose à nous : résister aujourd’hui, qu’est-ce donc ?
Les petits gestes écolos du quotidien, de la résistance contre la mort de la planète ?
Acheter chez les commerçants de proximité, de la résistance contre les multinationales ?
Choisir un accouchement naturel, de la résistance contre le tout médicalisé et deshumanisé ?
Manger à table tous ensemble et se parler, de la résistance contre la télévision toute puissante ?
Proposer un sandwich emmental au goûter plutôt qu’une tartine de Nutella, de la résistance contre la mal bouffe ?
Préférer le string à la culotte montante trendy collection 2009-2010, de la résistance à la société de consommation ?
Et si résister aujourd’hui, c’était agir à contre courant de la majorité, si c’était avoir raison trop tôt, si c’était vouloir opérer selon sa conscience et en conformité avec l’ordre établi, les tendances et autres dogmes ?
Évidemment, on n’est jamais certain de faire le bon choix. Il faut s’avoir assumer son propre chemin, rester ouvert aux options des autres, même si elles sont différents des notre.
Est-ce d’avoir grandi dans un village de Justes ?
D’avoir eu à lutter contre moi-même, mes doutes et craintes ?
De travailler dans le service public avec la certitude qu’on n’y devient pas nécessairement un fonctionnaire plan-plan ?
La vie est courte, c’est une évidence que l’on voudrait oublier souvent.
Chacun a sa stratégie consciente ou inconsciente, pour rendre notre passage sur terre plus heureux.
En chemin, nous faisons des choix, pour l’un c’est le hasard, pour l’autre le destin, ou encore un être supérieur qui opère pour nous.
Je me dis alors que résister, c’est vivre sa vie, agir, être acteur de notre destinée, refuser l’ordre établi, suivre ses idées plutôt que rejoindre le troupeau, c’est assumer ses différences, lutter même si ce n’est qu’à une minuscule échelle et par les mots, c’est accepter parfois d’être seule contre tous.
Résister aujourd’hui, ne me semble pas être comme voudraient nous le faire croire certains intellectuels à col blanc, un devoir, une lutte contre telle ou telle injustice sociale ou économique. Ne me faites pas croire que l’on résiste pour les autres, c’est bien en pensant à soi, aux siens, que l’on refuse au nom de ses propres valeurs.
« Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent », Lucie Aubrac