le premier cri
La maison est calme, les filles font encore la sieste mon amoureux est dans son antre - comprendre la cave, où il range, arrange, dérange, perd et retrouve - j’ai repassé en regardant une nouvelle fois « Le premier cri « .
Toujours la même émotion devant cette magie de la nature qui fait naître les bébés, qui donne une fille à l’indienne qui rêvait d’un garçon, qui prend le premier né de cette jeune femme du désert, qui permet à une autre d’accoucher dans l’eau parmi les dauphins.
Quand j’ai perdu les eaux au milieu de la nuit pour Cléophée, je suis restée calme, et elle est arrivée à son rythme dans l’après-midi, moi allongée sur le côté, parce que je me sentais bien ainsi.
Jalane s’est faite attendre au bout de la nuit, j’étais épuisée et j’ai eu le sentiment de communier avec l’univers entier et les femmes d’autres temps en accouchant accroupit.
Qu’en sera-t-il cette fois ?
Nouvelle naissance, nouvelle aventure, nouvelle magie.
Je veux encore prendre le temps, laisser la nature choisir le jour et l’heure, m’offrir entière à cette attente.
Dans le film, un professeur japonais adepte de l’accouchement naturel dit que « l’accouchement est comme un lever de soleil, on ne peut ni le bloquer, ni l’accélérer. »
Je veux cette fois encore - et plus encore - être en harmonie avec la Nature.
Catherine n’interviendra que si je lui demande, que si elle sait que mon corps ne suffira pas.
Mais je veux cette chance, encore une fois, me laisser guider par mon instinct, ne rien provoquer, que ma petite puce lunaire arrive en harmonie avec les éléments, avec moi.
Et à peine née la garder sur mon ventre, le cordon nous unissant toujours et sentir ses petites lèvres avides, téter mon sein qui n’attendait qu’elle.
Il me reste environ deux mois pour me préparer à la Rencontre.
J’aimerais pouvoir profiter de la caresse de l’eau et du plaisir de nager au plus prêt du terme.
Comme pour Jalane, je veux travailler ma respiration, arriver calme, sereine, à la naissance, savoir dominer la douleur pour me concentrer pleinement sur cette vie qui pousse et glisse en moi.
Je sais la chance d’avoir rencontré Catherine, d’avoir trouvé exactement l’écoute que je souhaitais et les méthodes que j’espérais.
Je sais aussi que mon amoureux m’accompagne, qu’il veut me permettre de m’épanouir ; il sait combien cette naissance est capitale, car dernière.
Tandis que j’écris petite puce gigote, comme si elle sentait mon émotion, et voulait me rappeler que je ne suis pas seule dans cette aventure, que nous sommes deux, et qu’encore quelques semaines nous ne faisons qu’une.
Il y a aussi Jalane et Cléophée cette fois, avec lesquelles je vis pleinement cette nouvelle attente.
Et leurs câlins, leur amour, leurs dessins… et leurs tendres mains sur mon ventre, leurs baisers à cette qu’elles appellent « ma petite lune à moi ».