sans nostalgie
Je ne suis pas de celles qui portent un regard nostalgique sur le passé et qui considèrent le temps qui passe comme un ennemi. Cela fait bien longtemps que j’ai compris que nous
ne pouvons pas avoir le dernier mot, que ce n’est pas nous qui choisissons le moment et l’heure. Nous ne pouvons qu’accepter et engranger les jolies choses pour se les remémorer les jours
gris.
Ainsi, j’ai toujours pensé que les vacances se devaient d’instaurer des habitudes, sortent de bouées rassurantes. Notre petite famille grandissant nous avons sans même y prendre garde renouvelé des référents que cet été encore nous retrouvons avec bonheur.
Il en va des petits gâteaux achetés le dimanche matin chez le super pâtissier de la place du village, choisis avec soins et gourmandise pour l’ensemble de la tablée du déjeuner ; le dîner en
amoureux pris au restaurant la Coulemelle de Régis Marcon à St Bonnet le Froid, additionnant plaisir des papilles et douce complicité ; le câlin à l’heure de la sieste les persiennes mi-fermées,
tandis que les filles dorment et que le reste de la famille souffle au silence revenu… et le voyage en train avec les filles entre les gares du Chambon et St Agrève…
Il chemine à fleur de colline, dans les prés parmi vaches et chevaux, accompagne ses passages sur routes d’un « tchoutchou » qui éveille dans l’imaginaire des plus anciens une réalité pas si éloigné et offre aux jeunes enfants un divertissement bien pittoresque à l’heure du TGV et du web. Ce trajet en moins de 15 minutes en voiture, par la route, se transforme en équipée avec ses 45 minutes de bringuebalement sur des voies qui crissent. La joie des grands est aussi visible que celles des petits, mais les raisons sont probablement différentes.
Pour nous, ce matin, il était évident que le Bonheur était lié au sourire de Cléophée et à l’impatience de Jalane.