lettre ouverte à romain blachier
Monsieur,
Vous étiez au collège dans les années 90, l’établissement avait peut-être perdu de sa superbe… Je vous laisse seul juge.
Une certitude pourtant, vous n’avez pas assimilé les valeurs du plateau, l’importance du lieu, l’histoire du village.
Vous en retracez l’histoire sans en comprendre le sens. Vous avouez vous-même avoir été un élève médiocre.
Je comprends que le choc a du être rude, vous petit français sous le soleil d’Afrique, exilé loin de vos parents, perdu dans un village de Haute-Loire aux hivers immaculés. Une punition en somme.
Pourtant, votre isolement aurait du être propice à l’apprentissage.
Vous auriez pu comprendre la solidarité, le partage, l’ouverture d’esprit.
Savez-vous seulement que la devise du Chambon est « l’espace ouvert, l’esprit aussi » ?
Vous parlez en votre nom, en votre nom seulement, vous êtes bien loin, du deuil, de la marche silencieuse des 4 000 personnes en recueil ce matin dans les rues du village.
Je souhaite sincèrement que les parents de la jeune fille, que les habitants du village dans leur large majorité, ne lisent pas votre texte, ne vous entendent pas sur les ondes.
Retournez bien vite au Chambon, dans le silence, dans le respect, incognito (si vous en êtes capable), allez lire la plaque hommage aux Justes tout près du temple.
Lisez chaque mot, faites en sorte de comprendre.
Il n’est jamais trop tard, pour apprendre.
Méritez votre mandat d’élu de la République. Il vous donne des droits et des devoirs. Notamment, un devoir de dignité et de respect.