Guillaume Gallienne et le MOI !
Fines lanières de poireaux sous le couteau, le merlan attendait, la tarte aux poires déjà à feu doux dans le four et j’écoutais Guillaume Gallienne sur Inter. A sa voix, je retrouvais son visage rond et « sa minute » sur Canal, actrices, attachées de presse, metteur en scène… tout cet univers qu’il connaît si bien, recrée en burlesque, certains soirs. Il parlait cette fois, de son spectacle « Les garçons et Guillaume, à table ! ». Il était convainquant dans sa façon de dire qu’il va bien, que sa mère aime ce qu’il fait… il laissait pourtant échapper les mots « trouble », « psychanalyse », ne pouvait s’empêcher de parler des femmes de sa vie, de dire « petite amie « , comme pour confirmer son statut d’hétéréo, comme si malgré tout ce parcours, sa relation complexe avec sa mère, il était parvenu à être un homme, un vrai. Je l’entends encore expliquer combien sa voix, à force de copier celle de sa mère, était devenue idem. Comment il avait du, quatre années durant, la travailler, pour obtenir « sa » voix.. Sa voie aussi. Il parlait de la chance des femmes, leur capacité à faire passer dans la voix tellement de sentiments, de sensations, au contraire de lui, des hommes.
Je suis allée voir des extraits de son spectacle sur le net.
Comment imaginer à quel point nous avons, mère, comme père, une influence sur notre enfant, pas seulement dans l’éducation, mais dans son être profond, le Moi.
Comment consciemment ou inconsciemment nous guidons le futur adulte, sur une voie plutôt qu’une autre.
Trop y penser donne le vertige. Il n’empêche…
Le temps passant, je comprends jour après jour qui je suis, et quand je vois évoluer, le petit monde autour de moi, je réalise à quel point nous agissons « contre » ou « comme » c’est selon. Quand nous voudrions ne pas refaire, ce que nous qualifions d’erreur, virage à 180°, sans être certain qu’autrement sera meilleur. Les repères nous rassurent, mais un nouveau cap nous tente souvent.
C’est sans compter aussi, l’idée que nous nous faisons de nous-même, du parent que nous voulons être, de l’enfant qu’il est… de celui que nous étions.
Faire de son mieux suffit-il ?
Lutter ? Suivre ?
Aucune certitude.
Ecouter son instinct peut-être ? Je veux le croire.
Et rendez-vous chez le psy dans 10 ans !