retour à Metz
Silence total dans la maison.
Mon amoureux a pris la route en début de matinée, direction Lyon, pour une étape culturelle, puis le Sud de l’Auvergne pour retrouver grands-parents épanouis et grandes filles
sautillantes.
Mardi, ce sera la grande déchirure. Deux mois, dans cet écrin de verdure. De liberté, de ratatouilles et autres tians de légumes du marché, de truites tout juste sorties du Lignon, de fraises et de framboises de la Drôme proche, sans compter celles de la forêt grand parentale incomparables.
L’émotion sera palpable, les fillettes seront tristes de laisser cette tendresse donnée sans retenue, ces jeux partagés, ces marchés complices. Il faudra dire au revoir à la boulangère, à la libraire… à cannelle, à gribouille… à la petite chambre juste pour elles, dessins aux murs, colliers multicolores, Martine… Mais, deux cœurs surtout se préparent déjà, à cette absence, aux longs silences, aux repas en duo, au repassage restreint, aux petits plats mais-pour-qui.
La maison de Metz retrouvée, cartable sur le dos, elles vont rejoindre l’école, Cathy, Marguaretta, Elise, Elsa, Linsay… et ceux et celles qu’on avait délaissé avant et qui seront les copains et copines de l’année, sans compter les nouvelles têtes qu’on aimera ou pas.
La maison du Chambon va regarder les feuilles tomber, l’hiver arriver un peu trop tôt, les demoiselles à moustaches retrouveront leur radiateur et les genoux complices pour la soirée.
Le silence va s‘installer, même les oiseaux, les écureuils se feront discrets. La biche reviendra, la forêt lui sera rendue.
En octobre, un peu plus au Sud, un nouveau cri, une nouvelle bouche goulue, un nouveau minois à connaître. Et bientôt, la citrouille à la fenêtre, une bougie sur un gâteau, le sapin dans la maison, un nouveau calendrier de l’aven, un Père Noël courageux et une année pleine de promesses.
H1N1 peut-être ? Pas de vaccin, quelques granules en préventif.
Ce matin, la maison sent le propre, poussière envolée, tapis frappés, sol mouillé… je vais rejoindre la petite dormeuse, attendre son sourire, prendre la poussette pour le soleil de 11h.
Dans quelques jours, des rires et des jeux, la vie reviendra.