Qui de la brebis ou de Michel Odent... à moins que la poule ?
J’ai entendu récemment sur Inter les résultats d’une enquête faisant état des liens entre la brebis et son petit. Les chercheurs ont étudié les relations entre la mère et son enfant selon le contexte de la naissance. Ainsi, il apparaît qu’une péridurale pratiquée sur une brebis interfère avec l’attachement qui devrait l’unir à son agneau. Par ailleurs, quand une brebis a pu sentir son enfant et l’allaiter dès la première heure de naissance s’opère une relation fusionnelle, tandis que la brebis séparée de son nouveau né, dès l’enfantement, le délaisse par la suite.
Pas de confusion avec la situation de la femme, la parturiente médicalisée n’est pas moins maternelle qu’une autre. Et c’est aussi jour après jour que le lien avec son enfant se construit.
Pour autant, cette étude invite à la réflexion.
Si la volonté de gommer tout risque pour la mère comme l’enfant est louable, il ne faudrait pas perdre de vue l’importance du facteur humain, sensoriel, hormonal dans la venue au monde.
Le professeur Michel Odent, pionnier de l’accouchement naturel en France, croit qu’il faut être plus respectueux de nos racines mammifères et dès lors, l’accouchement ne doit pas faire l’objet systématique d’une procédure médicale.
Toute maman fabrique des hormones qui vont l’aider à donner naissance à son petit, de même certaines d’entre elles joueront un rôle primordial pour l’allaitement : ocytocine, prolactine, béta-endorphine.
Michel Odent invite la future maman à écouter son corps avec plus d’acuité : manger selon sa faim, par exemple, quand le travail commence, tandis que certains praticiens imposent le jeune, courant le risque de baisse d’énergie au moment crucial
La fameuse ocytocine que la mère sécrète naturellement est un trésor, c’est elle qui causera les contractions de l’utérus, qui après la naissance aidera aussi l’évacuation du placenta et si le bébé est mis au sein dans les minutes qui suivent la délivrance, la succion augmentera encore le niveau d’ocytocine assurant un allaitement pérenne (sans oublier la production de la prolactine).
Michel Odent insiste même sur l’intimité entre la maman et son bébé dans la première heure de vie, sur le peau à peau et le contact visuel direct qui entraînent là encore une sécrétion accrue de la fameuse hormone de l’attachement.
Chaque matin, alors que le jour se lève à peine, que la maison est encore silencieuse, mes seins coulent tandis que j’entends le doux gazouillement d’Eden. Comme pour la poule et l’œuf, qui de la mère ou du bébé appelle le lait ?
Les yeux fermés, je sais reconnaître l’odeur de Cléophée, la distinguant de Jalane ou d’Eden-Lune.
Si je me souviens des douleurs du travail, c’est sur un nuage, comme anesthésiée naturellement que j’ai vécu la phase finale de l’accouchement.
J’ai écouté, j’écoute jour après jour mon instinct, confiante en cette alchimie naturelle et animale qui m’unit à mes filles.
Et si c’était ça, être maman, juste écouter la Nature en nous, rien de plus, aborder ainsi avec la même douceur évidente la grossesse, la naissance, l’allaitement, l’éducation ?