son QI... lui seul peut comprendre :-)
J’aurais du peut-être attendre le 14, pour parler de lui… mais justement ce que
j’ai à lui dire se vit au jour le jour, sans qu’une date marketing ne vienne nous imposer les
sentiments qui nous unissent.
Ma tête était encore un peu ailleurs, quand je l’ai rencontré pour la première fois. Des appels en pleine nuit sur
son portable, dans les premières semaines de notre relation, me prouveront qu’il n’était pas encore
tout à fait libre non plus.
Dire ce que j’ai aimé de lui ?
Son regard. Non pour le bleu ou le vert perçant de ses yeux, ils sont bruns, mais pour les étoiles, en particulier, quand il parlait de la collection rassemblée par son grand-père. J’ai aimé l’enthousiasme qu’il mettait dans chaque mot, se semblant d’érudition qui était en fait l’héritage d’une passion.
Il faisait chaud, c’était mon premier été en Lorraine. Je n’avais pas très envie de travailler et je voyais dans cette réunion à l’extérieur une opportunité de promenade. Je connaissais le site où était implanté le musée qu’il dirigeait. Je m’étais bien jurée de ne jamais y revenir, tant ce « beauf land » correspondait à tout ce que j’exècre. Pourtant j’étais là, à la discussion sérieuse a succédé un déjeuner et je me souviens n’avoir retrouvé mon bureau que vers 16h.
C’est l’automne qui nous a rapproché enfin. Une invitation lancée pour un vernissage. Je saurai plus tard, que le seul carton personnalisé avait été pour moi. Trop de monde, un samedi soir, après une journée que j’avais passée en forêt, à marcher seule, comme j’aimais tant le faire. Après les obligations protocolaires, nous nous sommes retrouvés en duo dans un bistrot à vin. Il apprendra, que j’avais opté pour ce lieu, hautement stratégique, car situé dans ma rue, en face même de mon appartement. Pendant une semaine, nous avons joué au chat et à la souris. Le samedi suivant, je suis restée.
Très vite, la nécessité de l’autre, un premier week-end en Normandie, la première crise, le désir d’enfant, mon emménagement définitif chez lui, un voyage au Maroc, Cléophée, une maison ensemble, Jalane, deux chômages, Eden-Lune.
Nous aurions pu attendre, prendre le temps. Mais le temps de quoi ? De mieux se connaître, d’être raisonnable ?
Quand je doute de moi, quand j’ai peur du vide, il me dit « nous avons droit à notre part de bonheur ». Je ne le crois pas bien sûr, mais il a tellement l’air sincère, nos filles sont
si belles, notre cocon si doux, j’oublie jusqu’à la prochaine fois.
C’est avec lui qu’est né mon désir d’enfant. Il a fait de moi une maman louve. C’est un papa poule.
Je le sais fragile, mais c’est lui le capitaine du navire, et il s’assure toujours que l’équipage garde confiance.
Pour un anniversaire, il m’a offert un long week-end de voile, au large du Morbihan. Il était heureux, comme je ne l’ai vu ensuite qu’aux naissances de nos filles ou dans nos corps à corps troublants.
Il vivait l’océan, il était le bateau et je m’en remettais entièrement à lui.
Je l’ai vu aussi malheureux, des larmes qu’il ne pouvait refouler, la bouche déformée par la peur et la douleur.
Je n’aime pas quand il me regarde dans notre quotidien, les poches sous les yeux, tenue négligée ; je rougis quand il me surprend dans l’intimité de la salle de bain. Pourtant ses yeux sont doux, aimants, et sa voix rassurante.
Je n’ai jamais été avec lui, que moi. Malgré tout, je redoute toujours qu’il découvre que je ne suis pas celle qu’il aime. Je crains qu’il m’envisage telle que je ne suis pas.
Mes craintes sont aussi les siennes, mais homme qu’il est, il les cache.
En ce moment, il dort dans notre lit. Une sieste de 20 minutes comme il dit… mais qui dure toujours plus, jusqu’au baiser que je vais déposer sur ses lèvres chaudes d’enfant blotti sous la couette.
J’entends d’ailleurs des petits pas à l’étage. Si je ne veux pas me faire doubler par celles qu’il aime plus que moi et par-dessus tout, je dois laisser le clavier… et aller lui dire tout bas, ce que je n’écrirai pas ici…