Rachida Dati a accouché ! Et alors !!!
43 ans, une césarienne, 15 jours d’avance… et tous les paparazzi n’attendent qu’un scoop : shooter la petite Zohra et découvrir qui en est le père.
Sortie tout juste ce matin à 9h45 de la Clinique de la Muette à Paris, une heure plus tard à peine ses talons aiguilles faisaient crisser les gravillons de la cours de l’Elysée en vue du Conseil des Ministres.
Rachida Dati modèle de superwoman qui démontre que l’on peut être mère tardivement et Ministre d’Etat ?
Avancée fulgurante pour l’égalité des sexes, démontrant l’aptitude de la femme à travailler à peine remise de ses couches ?
Reprendre si vite, laissant son bébé auprès de la famille et de nounous… si tel est son choix !
Mais quel exemple pitoyable pour celles qui se battent pour défendre une position harmonieuse de femme active et de mère !
Quand on sait l’importance de la relation maman-bébé dans les premiers jours de vie pour l’équilibre psychique de l’enfant et futur adulte - et à l’heure où certains, médecins en tête, prônent pour un allongement du congé maternité au nom du bien être du bébé et de la femme - on peut s’interroger sur les conséquences d’une reprise si hâtive.
Sacrifier sa fille sur l’autel d’un Ministère nécessairement éphémère !
D’autant que les couloirs bruissent de changements de portefeuilles fin janvier.
Plus encore que nos mères, et non sans culpabilité, nous voulons mener une vie de femme active tout en assumant notre maternité. Laquelle nous voulons tardive - notamment afin de profiter du fruit de nos études - mais pleine et entière, allant jusqu’à sacrifier une possible carrière au bénéfice de nos poussins.
La mère active a pour mot d’ordre « organisation » pour ne léser personne, gardant un œil sur tout, délégant garde, ménage, courses parfois… mais souhaitant conserver la main mise sur
l‘essentiel et ce que certains jugeraient parfois superficiel.
Et là encore, plus que nos mères nous nous impliquons - manque de temps ou pas - dans la vie sociale de nos enfants, prenant le temps de les ouvrir au monde, à la culture, au sport, investissant dans lingerie et sextoys pour demeurer des maîtresses séductrices, transpirant pour abdos et fessiers irréprochables, programmant fêtes et goûters, reprenant le tablier là où la génération précédente avait copinée avec le congélateur.
A la recherche d’une perfection souhaitée - mais jamais atteinte à nos yeux - il suffit d’une sarkozette trop zélée pour anéantir nos rêves d’indépendance assumée mue de tradition maternelle.
Rachida Dati a accouché !
Rachida Dati a repris le travail !
Il est loin le temps de Martine à la plage !
Des milliers de femmes au quotidien, à travers la planète, font de même et n’ont pas droit pour autant à la Une des médias ! Et plus encore, la plupart revendiquent le droit à profiter de leur bébé, plutôt que le sacrifier à un besoin vital et financier.
Alors, je ne fais aucune révérence devant madame la Ministre. Bon courage pour le post-partum qui viendra sûrement, et plus encore courage pour les mois et années à venir.
Mais comme je suis femme, et donc solidaire malgré tout, je vous souhaite une chose : ne jamais avoir de regret.