le jour où la terre s'arrêta
Les américains nous ont habitué à du grand spectacle, à des films de science fiction où le catastrophisme est de rigueur, avec la part belle aux gentils héros - évidemment yankee - vainqueurs de méchants extraterrestres forcément laids, avides de sang et de pouvoir.
« ET » était un des rares, à nous avoir donné envie de connaître des petits hommes verts, même moches.
La nouvelle superproduction qui sort sur les écrans français en ce moment - et vue sur le net rue des Mirabelles - évite le genre.
Certes, la gentille américaine, accompagnée de son petit garçon black, va parvenir, à elle toute seule, d’une supplication et d’une larme, à convaincre l’extraterrestre aux supers pouvoirs que la race humaine à droit à une seconde chance. Mais pas de petit homme vert aux doigts filiformes, à la voix grotesque, mais un Keanu Reeves - rappelez vous blogueuses, Keanu en flic surfeur aux côtés de Patrick Swayze dans « Point Break » ; on rêvait toutes alors de dénicher notre beau surfeur bronzé et zen… - asexué, au visage exempt de sourire et qui ne dévoile pas même une partie de son anatomie.
Premier choc dans un film américain, aucune scène torride, par un sein, une hanche, un buste découverts. L’héroïne est une jeune veuve qui a conservé intacte le souvenir de son aimé, et le héro - Keanu extra-terrestre, alias Klaatu - ne semble pas savoir ce qu’est l’amour et ne raisonne qu’en robot donneur de leçons.
Le WWF, les Amis de la terre, comme Nicolas Hulot, pourraient être les mécènes de « Le jour où la terre s’arrêta » tant ce film atypique dans le ton et la forme, nous rappelle combien la race humaine, chaque jour, un peu plus, détruit la terre qu’il a eu en héritage. Par des propos bien appuyés, le réalisateur nous rappelle d’ailleurs que la planète ne nous appartient en rien, et que comme des goujats - que nous semblons être - nous avons cochonné le tapis, brûlé la nappe et mis nos mains sales partout sans complexe.
Des créatures supérieurs ont donc pris l’ultime décision à notre place, sauver ce qui peut l’être encore, en organisant une sorte d’arche de Noé géante, mais sans place pour aucun homme. Progressivement les personnages du film comprennent que tout est perdu, que la race humaine va devoir payer pour tant de saccage, et chacun prend conscience du mal qu’il a pu faire.
Mais sommes nous si méchants ? La rédemption nous sera-t-elle accordée ?
Le divin Klaatu le pense, et partira en nous laissant la vie.
Les effets spéciaux sont impressionnants. Les ficelles souvent un peu grosses. Néanmoins, en cette fin d’année, alors que les médias ressassent à qui veut bien les entendre que la Terre se meurt, par notre faute et qu’il serait urgent d’agir, un film à voir et à méditer.
L’Amérique d’Obama aurait-elle donc une âme... écologique !?
Nota bene : "Le jour où la terre s'arrêta" 2008, est une forme de remake de "the day the earth stood still", sorti en1951, en pleine période
du maccarthisme !