le Père Noël est une DS !
Drelin drelin… on croit presque entendre déjà le traîneau du
Père Noël, il est passé par ci, il reviendra par là… Avant même la nuit du 24 au 25 décembre, le vieux monsieur en rouge semble particulièrement sollicité. Les 35 heures, il ne connaît pas,
alors, pensez, le travail du dimanche ! Cela fait bien longtemps que ses semaines font 7 jours.
Certes, on pourrait penser que ce n’est qu’un petit boulot très saisonnier et que, comme bien des salariés français - quoi que, les boites d’intérim, elles aussi, connaîtraient la crise, nous dit-on - il pointe chez Manpower ou autre Adecco. Mais il faut les faire ces fameux cadeaux ! Ok, les lutins sont nombreux, travailleurs - et ont les yeux bridés - mais qui les inventent les jouets ? De quel cerveau magique naissent WII et autres jeux pour grands et petits ? Et tout ça n’est pas rien ! Le Père Noël n’est pas seulement un livreur de première, mais aussi un designer, un ingénieur, un inventeur, un chercheur… et sa petite entreprise n’est pas prête de connaître la crise.
On nous dit, depuis une quinzaine de jours, que les Français achèteront moins de cadeaux… Je ne suis pas certaine que les gentils éboueurs au matin du vendredi 26 trouveront leur tâche plus facile et que les sacs poubelles seront moins nombreux.
Beaucoup d’emballages, c’est certain, mais qui dit emballages dit cadeaux, alors…
Cette semaine, le Père Noël était messin à n’en pas douter, et il s’est longuement arrêté rue des Mirabelles.
Ce qu’il y a de bien avec nos puces de 3 et 4 ans, c’est que, pas une seconde, elles ne doutent que le Père Noël les comblera. Elles ne trouvent en rien anormal que le monsieur en rouge les gâte avant l’heure dite, au travail-de-maman, comme à l’école ou chez leur « tata Cathy ».
Papa et maman, tout comme les livres empruntés depuis des semaines à la médiathèque, assènent que le « vrai » Père Noël, on ne le voit jamais, que ceux des grands magasins et des fêtes
de quartier sont des faux, tout au plus des cousins serviables qui font le boulot pour soulager LE Père Noël. Pour autant, la magie demeure, et il peut bien avoir laissé les rennes dehors ou
venir en voiture, aucun doute, les cadeaux étiquetés Jalane et Cléophée sont bien offerts par le vieux monsieur. Des nuances toutefois, il y aurait « le Père Noël du travail-de-maman »,
« le Père Noël de l’école » ou encore « le Père Noël de Cathy », comme il y aura dans quelques jours « le Père Noël de la maison » et aucune confusion
possible.
A la lecture de leur liste, nous leur avions dit que tous les cadeaux ne peuvent être au pied du sapin, que des choix sont opérés, que la liste est parfois trop longue, mais que tous les cadeaux sont beaux et spécialement prévus pour l’une ou l’autre. A notre écoute, elles ont acquiescé, mais je sais bien, à lire la lueur pétillante dans leurs yeux, qu’elles espèrent de toutes leurs forces avoir ce qu’elles ont demandé.
Cléophée nous a dit que sa petite copine L. attendait « une DS ». D’un regard, nous, parents nés au début des années 70, nous nous sommes interrogés. Nous avons pensé aux mêmes références, mais doutant qu’elles puissent être celles de notre enfant de ce début de XXIème.
DS : la voiture présidentielle ou la femme divine ?
« Tu sais ce que c’est, Cléophée, une DS ?
- C’est un écran, comme un ordinateur et t’as un stylo noir et t’écris dessus… »
Elle avait l’assurance de l’enfance et nous, nous, avons pris 30 ans d’un coup.
« Et tu es certaine que L. aura sa DS à Noël ?
- Ben, ouai, elle l’a commandé au Père Noël !!! »
Ce matin, à peine levé, bols de lait, yaourts et chatons vites engouffrés, petits pieds douillets dans leurs chaussons neufs, elles ont joué avec les cadeaux du Père-Noël-de-Cathy. Le château à n’en pas douter est celui de Cendrillon, la licorne-cheval-poulain (comme dit Jalane) est « vraiment trop belle avec ses cheveux roses« , et que dire de la petite fée dont on peut changer les ailes de papillon.
Depuis la table du petit déjeuner, devant nos bols à demi vides, nous les regardions et les écoutions jouer. Elles étaient, à n’en pas douter, heureuses.
Eden était à mon sein - pour elle, la seule DS, c’est encore maman.
J’écoutais d’une oreille, Inter, le professeur René Friedman (que j’apprécie de plus en plus d’une interview à l’autre), précurseur et spécialiste de l’in vitro, ventait la nécessité d’écouter la mère et l’enfant et rappelait que l’accouchement sur le dos avec péridurale n’est en rien la règle - plutôt un protocole pratique et rassurant pour les professionnels - et qu’il existe d’autres voies… et un gamin de 10-11 ans interrogé, de dire, parlant de la naissance, que le bébé descend « le toboggan de la vie ».
J’ai trouvé l’expression belle. Je trouvais mes grandes filles belles, la toute petite s’était endormie blottie sur mon épaule et je me suis dit que le Père Noël de la rue des Mirabelles est
vraiment le plus gentil et le plus tendre des Pères Noël. Il est « trop bien » !