J-3
J-3...
« Alors, où en es tu ? ».
C’est la question du jour.
Et la réponse toujours la même, couplée à plus ou moins d’explications détaillées.
« Nulle part. »
Marraine Elisabeth va prendre son envol pour la Chine sans avoir découvert sa jolie filleule, les grandes sœurs se demandent si elles auront à reprendre l’école sans petite dernière à la maison,
je vois grossir mon ventre chaque jour un peu plus jusqu‘à l‘explosion, quant au papa… après une frénésie de travaux, il se dit probablement que l’urgence n’est pas de mise et qu’il lui reste
encore du temps pour les détails.
Même si je sais d’expérience maintenant que d’ici ce soir, la nuit prochaine, sans la moindre alerte je peux perdre les eaux, j’ai des doutes, et je m’attends à passer une fois encore le
terme.
Question ultime alors : qui de bébé ou du moi est la moins décidée ?
En surfant sur les blog de grossesse, je ne lis que des femmes ayant majoritairement accouché avant terme - comme si c’était la règle - et bien souvent des futurs mamans qui étaient pressées d‘en
finir.
Pour ma part, j’ai toujours eu le sentiment que la Nature décide, qu’il faut attendre le moment où bébé et maman sont en phase et tous deux prêts pour l’heure H.
Et même si, j’en conviens, le ventre pèse, la démarche est passablement chaloupée et les nuits entrecoupées de pauses pipi, j’avoue me complaire dans cet état finalement confortable et
rassurant.
Car ce n’est pas une troisième fois qui atténue les craintes.
Si je sais être zen en situation d’accouchement, si je connais les gestes, les positions, si la respiration ventrale n’a plus de secret pour moi, si je me sais capable de gérer la douleur même
sans sommeil et sans péridurale… reste le doute.
L’acte de donner la vie, reste quoi qu’il en soit une aventure, et comme toute aventure non sans surprises.
Évidemment, j’aimerais tenir bientôt entre mes bras, tout contre mon cœur, la petite nouvelle, lui susurrer des mots doux maternels, sentir ses petites lèvres avides sur mon sein, entendre ses
gazouillis balbutiants, prendre aussi toute l’ampleur de sa complicité avec ses deux grandes sœurs. 
Je me souviens trop de cette magie entre Cléophée encore petite et sa sœur de quelques heures à peine.
De même comment se lasser de cette sensation si émouvante d’un bébé qui tout juste naissant vous reconnaît et que vous aimez du plus profond de votre âme, et comment la voix de son papa est déjà
connue et rassurante.
1, 2, 3, 4, 5 jours… elle sera là parmi nous très bientôt quoi qu’il en soit…
Et c’est tellement d’amour qui t’attend mon petit ange.
PS. photos de Jalane et Cléophée bébés.... que de souvenir merveilleux !!!