le Petit chaperon rouge
J’avais inscrit les filles il y a plus de 15 jours, lors d’une de nos visites à la
médiathèque. Nous avions nos billets pour une séance de contes ce samedi à 10h30.
- « Arrivez plutôt vers 10h15. » Nous avait conseillé la bibliothécaire de la section jeunesse.
A 10h, nous étions sur place en trio de filles, sans oublier mon bidon rond gigotant.
Nous nous sommes installées sur un petit canapé multicolores pour lire, dans l’attente.
Un album, puis deux.
Il était presque l’heure. Les lieux s’étaient emplis de jeunes enfants, plus ou moins turbulents accompagnés de papas et/ou mamans.
L’une des maîtresses de lieux nous a fait signe de venir à elle. Je lui ai tendu nos billets, mais avant même de dire nos noms, « Jalane et Cléophée, c’est bien ça ? », j’ai souri, nous
sommes entrées.
La pièce était un peu sombre, dans un coin une jeunes femme mince accueillante, à ses pieds, des livres, des objets et de petites bougies.
J‘ai pris place sur une chaise devant, Jalane sur mes genoux, Cléophée tout contre moi.
Nous avons observé les autres entrer.
La voix était douce et rassurante.
- « Bonjour. Je vais vous raconter quelques histoires, autant qu’il y a de bougies - elles étaient quatre blotties dans leur verre transparent. Au fur et à mesure, je vous donnerais des
indices qui nous aideront ensuite pour l’atelier de peinture. »
Mes puces écoutaient avec intérêt, me regardant chacune à leur tour, les yeux rieurs de l’une, la moue heureuse de l’autre.
Le fil rouge était le loup. Entre les histoires, comptines mimées et chansons que les enfants entonnaient accompagnés par les voix des parents.
Après une demi-heure d’histoires, nous avions en main, un brin de ficelle - poil de loup - un petit panier découpé dans un papier beige et une silhouette de petite fille.
- « Vous avez deviné les enfants, quel dessin je vais vous proposer à présent que les histoires sont finies ? »
- « Le Petit chaperon rouge ! » explosèrent les petites voix en choeur.
Les miennes étaient ravies.
Un grand t-shirt déjà taché de peinture, assises à une large table aux côtés de la petite dizaine d’autres enfants, elles écoutaient avec attention les directives.
Jalane était l’une des plus petites, la plus grande devait avoir 6 ans.
Au pinceau d’abord, trempé dans de la peinture vermillon, il fallait peindre la silhouette du Petit chaperon rouge. Maman ajouta les morceaux de ficelles pour lacer les bottines laissées
blanches.
Au rouleau, elles mélangèrent bleu et jaune pour parer de vert forêt une grande feuille de papier.
A l’éponge, en orange, une multitude de feuilles d’automne.
Puis au pinceau, coller la silhouette rouge sur le paysage, lui ajouter un ovale blanc pour le visage, un bouton sur sa cape et son fameux panier plein de galettes pour mère-grand.
Et donner vie à la petite fille, d’un coton tige gorgé de peinture noir, les yeux, le nez, la bouche.
Mes puces étaient aux anges, heureuses de leur tableau et moi fière de leur performance en une heure à peine.
Le temps de laisser sécher, les petites mains se sont savonnées, laissant couler dans l’évier un mélange liquide vert, noir et rouge.
Quelques mots échangés avec l’animatrice si douce, un au revoir et retour à la maison dans la « grande voiture de maman« , pour retrouver papa et tout lui raconter…