rentrée-sortie
Ce matin, avec les filles, après notre désormais périodique visite à la médiathèque, nous sommes passées « au travail de maman ».
Curieuse émotion, de retrouver ces lieux, mon ventre gigotant en avant et les petites mains dans les miennes. Un lieu familier et qui pourtant l’espace d’une visite ne m’appartenait plus
vraiment.
Je ne suis pas entrée dans « mon » bureau, ce n’est plus le mien.
Excessif peut-être comme rapprochement, mais j’ai retrouvé des sensations connues à cette époque déjà lointaine à laquelle je me rendais en maison d’arrêt pour des animations littéraires. Pas
d’uniforme bien sûr, pas de contrainte de sécurité, pas de grilles, ni de portes blindées, ni cette odeur si caractéristique mélange de javel, de transpiration et de renfermé, mais pourtant la
même impression troublante d’entrer dans un lieu clos dont on sortira vite, pas les autres.
Il y a les personnes que l’on a plaisir à retrouver, celles étonnées de vous voir et qui visiblement n’ont rien à vous dire et que vous laisseriez s’embourber avec plaisir dans quelques formules
toutes faites.
Les filles étaient fières d’être là, d’autant que Cléophée avait suffisamment rappelé pendant le trajet, à sa petite sœur, qu’ELLE connaissait déjà, qu’ELLE était déjà venue !
Rien n’avait changé. D’ailleurs pourquoi un changement, cela fait finalement à peine plus de 15 jours que j’ai quitté les lieux. Et ce temps à la maison, à préparer le nid, m’a semblé passer si
vite.
J’y retournerai vendredi, seule, cette fois, pour une vraie réunion de travail.
Mais là encore, je sais que j’y viendrai avec un certain détachement, à temps compté, et que bien vite je retrouverai ma liberté.